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Radio Lac
6 minutes avec Francesco La Spada, avocat des chauffeurs Uber - 17.10.2022
6 minutes Posted Oct 17, 2022 at 6:00 am.
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Le département de l'Économie a prolongé la suspension de l’interdiction d’Uber dans le canton, le temps d’étudier ses propositions. Un délai que ne comprennent pas les chauffeurs Uber: 

"Ca fait quatre mois que l'on discute. Pendant ces quatre mois, mes clients ont des difficultés. C'est trop long! Uber avait un délai jusqu'à fin juillet. Nous avons une nouvelle prolongation jusqu'à fin novembre, ce qui est beaucoup trop long pour mes clients" a expliqué, sur Radio Lac, Francesco La Spada, avocat des chauffeurs Uber. "On n'est pas à l'abri d'avoir de nouvelles prolongations. A mon avis, le département va prendre deux ou trois semaines, pour verrouiller sa décision".

Uber a fait ses dernières propositions peu de temps avant la date butoir de samedi. Une technique pour gagner du temps?

"C'est la technique d'Uber: ne rien donner au début et puis à la dernière minute, on vient avec une proposition et on essaie de forcer les gens à signer cette proposition en les mettant dans une situation très très difficile. Car si rien n'est signé, Uber peut dire que c'est la faute des partenaires sociaux ou de l'Etat. Si quelqu'un est fautif, dans cette affaire, c'est Uber!".

Pourquoi l'Etat n'a-t-il pas réagi avant?

"L'Etat, les partenaires sociaux et les avocats ne sont pas assez préparés pour faire face à cette multinationale. Uber agit de la sorte dans plusieurs pays, ils sont habitués, ils sont rodés, quand ils arrivent dans les négociations, ils savent exactement où ils veulent en venir. Pour nous, c'est beaucoup plus difficile. Rien que pour rentrer dans la dossier, il faut plusieurs années".

Une proposition avait été faite par Uber. Le Département de l’Economie écrivait, vendredi:  Une convention aurait permis notamment d’offrir un règlement rapide des arriérés dus aux chauffeurs tout en leur laissant le choix de faire plutôt valoir leurs prétentions devant les prud’hommes. 

"Pour mes clients, ce qui est important c'est de calculer, avec précision, les arriérés de salaire et les frais professionnels qui sont dus par Uber. Pour le faire, nous avons besoin de données complètes et que nous pouvons vérifier, pour procéder à des calculs qui sont justes. Si le but était d'avoir une enveloppe pour permettre à Uber de continuer son activité, sans savoir si cette enveloppe couvre les arriérés de salaire et les frais professionnels, c'est sûr que les chauffeurs n'en veulent pas! Eux ce qu'ils veulent c'est que la loi soit appliquée de manière normale à leur égard".

Francesco La Spada, avocat des chauffeurs Uber, était invité de Béatrice Rul, à 7h35, dans Radio Lac Matin.