Show notes
Mon cher petit Papa,C’est avec surprise que je découvre ta lettre ce matin sur les réseaux sociaux. J’étais dans la voiture, et heureusement, personne avec moi, je ne pouvais plus parler, ma gorge était nouée et mes yeux embués.Alors deux choses, je ne me rappelle pas avoir eu de maisons de poupée, ni de berceaux puisque j’étais plus intéressé par le rugby et par le tour de France (rappelles-toi des posters de Richard Virenque!). Mais surtout t’avoir dit que j’avais des parents “les plus idiots, les plus minables et les plus injustes que la Terre ait jamais portés.”??Oserai-je même l’avoir pensé ? J’en doute. Peut-être que cela m’a échappé par excès de colère et de fatigue, ou peut-être que j’avais faim !Alors après avoir lu ta lettre jusqu’au bout, 2 souvenirs me sont revenus :Un jour, alors que j’étais invité à aller au cinéma avec une copine. Tu m’as averti que ce film ne m’était pas adapté et que tu n’étais pas d’accord pour que j’aille le voir. Moi, je n’y voyais aucun mal. Tu m’as dit très calmement “fais comme tu veux”. J’étais contente que tu me fasses confiance. Aujourd’hui, je ne me souviens plus du film mais je me souviens de ton calme, de ton attitude, du libre choix que j’avais eu.L’autre chose qui a refait surface c’est, bien sûr, mon voyage, le jour où j’ai pris mes ailes (ou plutôt mes ailerons). C’était en 1997, j’avais 14 ans quand j’ai quitté la maison pour la première fois. J’ai payé mon billet avec mes économies, la vente de mes BD et la vente de mon piano (les posters ne valaient plus rien). J’ai pris l’avion seule pour Gatwick en Angleterre avec une connexion sur Heathrow, arrivée au Zimbabwe à Harare pour 3 jours où j’ai été accueilli par un pasteur et sa famille. J’étais habitée d’une timidité hors norme alors pour m’exprimer en anglais, j’ai dû me jeter à l’eau. Spécial Big up à ma prof d’anglais du collège, Mme Ducroquet, elle m’a appris la langue et c’est grâce à elle que j’ai pu me débrouiller et progresser. Je pense souvent à elle, à la bénédiction qu’elle a était pour moi durant ces années-là. J’espère du fond du cœur qu’elle va bien. Je suis donc arrivée à l'île Maurice pour un mois, et puis, je suis revenue au Zimbabwe sur Harare et Bulawayo pour un autre mois pendant lequel j’ai eu mon premier camp de jeunes. Un moment intense et mémorable à vie. Repris l’avion sur Harare ou j’ai raté ma connexion sur l'Angleterre : Gatwick et re-Heathrow et arrivée finalement en France sur Paris. Et tout ça, seule, à 14 ans! Puis rebelote l’année d’après et l’année d’ensuite. Aujourd’hui, je réalise qu’il n’y a pas beaucoup de jeunes qui seraient capables de faire ça. Et c’est maintenant que j’ai mes propres enfants que je vois cela, ma première fille a 12 ans et il est absolument hors de question qu’elle voyage seule! pour le moment.Bref, ce qui est important ici, c’est la confiance que vous m’aviez accordée, de m’avoir laissé le choix et d’avoir eu confiance en Dieu que lui-même me guide. Quelle bonté et quelle bénédiction que j’ai eu d’avoir des parents comme vous qui m’ont guidé et aiguillé pour tout faire pour le Seigneur et de lui plaire à lui seul. Alors, si un jour, une seule fois j’ai pensé l’inverse que le Seigneur me pardonne ainsi que toi et maman. Parce qu’aujourd’hui, je ne peux que lui rendre grâce pour la bénédiction que vous avez été pour moi… et que vous êtes toujours!Plusieurs versets résonnent à mon cœur : O Dieu ! tu m'as instruit dès ma jeunesse, Et jusqu'à présent j'annonce tes merveilles. Psaumes



